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je remercie sa majesté de me laisser l'opportunité de me présenter à lui déclara Glikar d'une voix amicale sans une once de sympathie dans les yeux.
Il fallait se forcer. Tanarbrak affectait particulièrement les marques de déférence liées à son titre de pacotille auto proclamé, à l'image de l'ancienne
noblesse humaine qu'il singeait grossièrement. La goule gesticula sous son manteau de fortune en guise de satisfaction, un son étouffé mourut au fond de sa gorge putride.
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Que veux tu ? Sa voix sifflante se répercutait sur les murs effondrés de l'usine en une lente agonie de sons claquants.
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Je suis venu d'apporter un présent, oh roi. Un présent qui, je le pense, tu ne pourras refuser.
A ce mot les yeux vitreux de Tanarbrak furent parcourus d'une brève étincelle d'intérêt. Il raffolait des cadeaux en tout genre et les gardait jalousement dans
sa salle du trône, enfouie secrètement quelque part sous l'usine au milieu d'un labyrinthe complexe de tunnels. Là où Glikar voulait précisément se rendre.
La créature l'observa un moment, sa petite cervelle devait bouillir.
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Pourquoi m'offrir « quelque chose » si ce n'est pour me demander « quelque chose » en échange comme vous autres, démons, avez
l'habitude?
La méfiance transpirait chez cet être fourbe, retords et rusé. S'il haïssait les anges de part sa nature malveillante il n'appréciait pas non plus leurs frères
déchus, celui ayant été à une époque lointaine le serviteur d'un membre de la gens démonia.
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Je ne veux rien contenta de répondre Glikar en sachant pertinemment que Tanarbrak ne le croirait pas si aisément.
A cette réponse la goule rit à gorge déployée en un concert de tonalités rauques et aiguës. Le métal de la structure de l'usine vibra à l'écho.
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Tu mens mal démon, tu n'es pas là par hasard et ce qui reste de mon doigt crochu me dit que tu as une idée derrière la tête ! Vous n'êtes pas des adeptes de la
gratitude et venir ici est dangereux même pour un sang chaud. Or personne ne prend des risques pour rien, pas même nous autres. Quel est donc ce présent ?
Glikar prit une voix théâtrale, l'annonce méritait d'être travaillée.
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Un démon.
Le seigneur des goules hoqueta à cette annonce inattendue. Ses gros yeux s'ouvrirent un instant sous la surprise puis revinrent à leur position initiale,
suspicieux.
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Un démon? Depuis quand abonnez vous les vôtres ? Demanda t il d'une voix grinçante.
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Nous n'abandonnons jamais les nôtres. Cette règle est immuable. Là c'est quelque peu différent.
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J'avoue ne pas saisir le sens de tes mots, Glikar. Peux tu être plus précis aux fins de m'éclairer.
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C'est un traitre, oh roi des goules. Un ignoble renégat. Il doit par conséquent souffrir et nous avons pensé que le remettre à tes bons soins serait la
meilleure des punitions.
Deux longs bras difformes et osseux jaillirent de la couverture et de déplièrent, Tanarbrak frotta ses mains décomposées où par endroits luisaient les os,
cartilages et les tendons. Quelques morceaux de peau morte tombèrent au sol.
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Un met de choix, mais dis moi, est il encore dangereux ? Je ne voudrais pas qu'il massacre mes ouailles, elles sont si chers à mon cœur.
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Sa pierre a été retirée, il sera donc totalement inoffensif. Fait de lui ce que bon te plaira. Je l'ai déposé dans un égout pas très loin d'ici, les
tiens n'auront aucune difficulté pour le localiser à l'odorat et te le ramener.
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Tu aurais pu le déposer à mes pieds. Voilà la la façon de remettre des présents à un digne seigneur. Pourquoi vais je devoir aller le récupérer?
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Rien n'échappe à ton esprit brillant oh roi des goules. J'ai d'abord pensé à venir avec mais finalement je me suis dit qu'une petite traque ne manquerait pas de
te réjouir. On te dit redoutable chasseur.
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On peut dire que tu sais présenter les choses sous leur meilleur angle, vieille langue fourche. J'enverrai dans ce cas un groupe le récupérer au cas où tu
m'aurais tendu un piège car on ne sait jamais avec vous sur quels pieds danser et il faut toujours s'armer de bonnes précautions. Je ne chasse désormais que rarement et encore quand je le
fais c'est sur mon propre domaine de souterrains. En échange veux tu une femelle humaine pour de divertir ? J'ai quelques captives et certaines, j'en suis sûr, seront en mesure de satisfaire
le moindre de tes désirs pervers.
En tant que démon Glikar ignorait tout sentiment ou émotion. Cependant imaginer un femme livrée à la merci des volontés lubriques et perverses de cet être
répugnant le dégouta.
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Cette proposition est généreuse, oh roi des goules mais je me dois de la décliner. Ma mission étant terminée je vais devoir rentrer auprès des miens et faire
mon rapport.
Les yeux de Tanarbrak s' étrécirent en deux fentes venimeuses où le vert de ses pupilles vira au noir ténébreux.
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Si vite? Oserais tu dédaigner ma légendaire hospitalité. Buvons au moins le godet de l'amitié comme les us et coutumes l'exigent. Ne t'inquiète pas pour ton
rapport, je te fournirai un guide pour t'aider à traverser les tunnels et les égouts, tu gagneras ainsi un temps précieux sur le retour. Il siffla entre ses dents.
Cette saloperie avait elle flairer le piège songea Glikar. Possible...mais il était trop tard pour reculer.
Trois goules se faufilèrent avec agilité et discrétion jusqu'à eux, leurs pieds semblaient effleurer le sol. Deux portaient une petite table ronde en bois, une
autre tenait une cruche remplie d'un liquide rouge avec deux verres en cristal. Il s'agissait là d'une très ancienne tradition de moins en moins respectée. Lors d'un pacte ou d'une alliance
on buvait le sang d'un innocent fraichement sacrifié. Glikar n'avait pas le choix, il devait s'y plier pour ne pas attirer l'attention de cette crapule de Tanarbrak. Les goules installèrent
la table entre eux puis se retirèrent aussi vite qu'elles étaient venues. Le roi s'avança près de la table,remplit les deux verres avec précaution et en tendit un au démon. Glikar le prit en
hochant la tête et bu son contenu cul sec. Le goût du sang était quelque peu amer.
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On peu dire que tu es un rapide remarqua Tanarbrak en goutant du bout de sa langue noire le sang versé dans son verre. Puis je savoir ce qu'a fait ce traitre
pour mériter un tel sort?
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Je suis pressé oh roi. Quand à ta question il m' impossible d'y répondre. Sous la torture le premier concerné te répondra peut être.
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Pardonne moi démon, ma curiosité est parfois plus forte s'excusa le seigneur des goules en reposant son verre, il y avait à peine touché. Peux tu au moins me
donner son nom, il s'ajoutera à ma longue liste des trophées qui ornent mes murs.
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Selon la tradition tout traitre perd ses titres, son rang, ses possessions et son nom. Ce n'est donc plus qu'un condamné en sursit, un sans
nom...il ne pu terminer sa phrase. Ses muscles se contractèrent d'un coup et se raidirent, le paralysant sur place. Glikar jeta un regard de haine à son
empoisonneur. Seule sa bouche pouvait encore bouger au prix de mille efforts.
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Que m'as tu fait sale ordure ? Parvint il a prononcer entre ses lèvres serrées.
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Allons, tu ne vas pas commencer à insulter le roi que je suis. Je prends juste de simples précautions préventives diront nous. Ton nom ne circule plus parmi les
hautes sphères démoniaques depuis longtemps Glikar; on dit de toi que du « rôdes » dans le monde des hommes parmi les hommes car peut être préfères tu leur déplaisante compagnie à
celle des tiens. Au fond peu m'importe. Un détail cependant, la gens démonia nous envoie des émissaires, en général toujours les mêmes, mais voilà que tu pointes ton nez chez moi sur ordres
de tes chefs avec un présent tombé du ciel. Qui ne devinerait pas là un stratagème destiné à tromper ma vigilance? D'un autre côté peut être me dis tu la vérité. La réponse est là bas dans
les tunnels et en attendant je veux t'avoir sous la main au cas où je serais fortement déçu.
Glikar voulu se dégager de cet étau, il comprima ses membres, en vain. Les veines de son cou, tendues et gonflées à l'extrême donnaient l'impression qu'elles
allaient exploser.
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Ce breuvage est en fait du sang de prêtre. Comme tu le sais si bien, poursuit la goule en tournant autour de Glikar comme un bourreau qui observerait sa future
victime, c'est un poison. Il attrapa la carafe et d'un geste circulaire fit tourner le sang à l'intérieur. En infime quantité il vous paralyse, l'excès vous banni pour de bon. Entre nous je
préfère le premier emploi; il serait fort regrettable que je sois amené à vider le reste de la carafe dans ta gorge.
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